SUMO 相撲

Des titans sacrés et vénérés





« Le dohyô est un espace étrange. Ce cercle de quelque quatre mètres et demi de diamètre recèle en lui toutes les ressources pour vaincre et, en même temps, autant de pièges qui mènent à la défaite.

A partir du centre, la distance à franchir est d'à peine deux mètres vingt-cinq si l’on est expulsé en ligne droite. Et pourtant, quand on tourne en rond le long de sa lisière, on peut continuer indéfiniment sans jamais en sortir. L’espace, aussi délimité matériellement soit-il, est en même temps infini. »

Kazuhiro KIRISHIMA*, l’un des grands noms du Sumo qui a profondément marqué la décennie des années 1984 à 1996.


Les japonais considèrent le sumo comme un gendai budo (現代武道, un art martial japonais moderne), monuments sacrés d’obéissance et de discipline ils échappent à l’anonymat dans un Japon dur pour les petits et les faibles.


Les lutteurs de Sumo sont appelés RIKISHI, (le terme sumotori désigne plutôt le débutant et est très peu employé au Japon).



L’on dénombre environ 660 lutteurs dans tout le Japon répartis dans 47 écuries ou heya.



HISTOIRE

Mentionné pour la première fois en l’an 712 dans le Kojiki ou « Chronique des faits anciens », le plus ancien livre japonais connu, relatant la victoire à mains nues de deux dieux anciens Takemikazuchi contre Takeminakata lors d’un combat de Sumo. C'est par cet acte que le peuple mené par Takemikazuchi obtint la possession des îles japonaises et que fut fondée la famille impériale dont est issu l'actuel empereur. Hormis ce que les Japonais gardent de cet écrit au 8ème siècle, il est impossible de savoir exactement, à part par les légendes, quand le Sumo se développa au Japon. Cependant, des peintures murales nous indiquent que ses origines sont vraiment très anciennes.



Trois types de Sumo se sont succédés 


- le sechie-zumo, aux fortes composantes religieuses, qui se déroulait devant l’empereur et qui évolua en shinji-zumo (sumo à orientation religieuse).

- le joran-zumo (Sumo guerrier), qui vit l’évolution des techniques de saisie pour s’adapter au port des armures (kumi-tachi) et qui, s’enrichissant de coups frappés, fut à la base du ju-jutsu.

- le kanjin-zumo, que l’on peut qualifier de Sumo professionnel, puis sportif, dès la fin du XVIe siècle et encore davantage sous la période Edo (Edo-jidai : 1603 – 1867) où les tournois devinrent de véritables spectacles.

L’époque Meiji, après 1868, donna au Sumo sa configuration actuelle et définitive.

Ritualisé à l’extrême et en totale harmonie avec le shinto, le Sumo célèbre la nature divine de toute chose et constitue aussi un rituel agricole de prière pour la bonne récolte. 



Le Sumo associé au Shinto

  

Les rikishi sont considérés comme des messagers des Dieux.

Le shinto (shintoïsme) ou « la voie des dieux » est une religion étroitement liée à la mythologie japonaise.  Le shinto est centré sur les rapports entre le monde naturel et ses habitants. Il s’efforce de maintenir l’équilibre vital entre les hommes et la nature par des rituels de purification. Le concept de kegare ou « souillure rituelle » est fondamental.

Autrefois les lutteurs s’affrontaient avant les périodes de récoltes pour apporter chance et opulence.



Sumo